Marthe de Florian 1864 – 1939

Biographie de Marthe de Florian

Courtisane de première magnitude de la Belle Époque, Marthe de Florian (1864-1939) a été bien oubliée depuis sa « retraite sentimentale ».
Mais la réouverture de son appartement, sept décennies après sa mort, l’a rappelée à notre bon souvenir par l’éclat de ses trésors…

L’heureuse élue par le talent de Boldini est née Mathilde Héloïse Beaugiron, le 9 septembre 1864 dans le 18e arrondissement de Paris, au domicile de Jean Beaugiron (1837-1875) et de Harriette Héloïse Bara (1844-1891).

Très jeune, elle donne naissance à des enfants morts en bas âge. A vingt ans, un fils viable lui naît, Henri Beaugiron (1884-1966) – son père probable est le sieur Auguste Albert Gaston Florian Mollard, qui inspira à la belle son nom d’artiste : désormais, elle sera Marthe de Florian pour la postérité.

Ce fils sera « homme de lettres » et témoin des derniers jours de la vie de sa mère, qui passe pour avoir été une « actrice »… Mais la presse de l’époque, dont le Gil-Blas, ne la répertorie que pour le seul art de la… toilette, ce qui consacre un sens consommé de l’élégance… L’un de ses chroniqueurs, qui signe « Le Diable boiteux », la qualifie de « flirteuse de haute gamme », rendant compte de ses déplacements dans le triangle Auteuil-Le Bois-Longchamp, saluant la « merveille apothéose de beauté blonde » en drivingwoman au volant de sa Renault tonneau…

Marthe de Florian règne moins d’une décennie (1893-1902) sur le tout-Paris dont elle dispute les bonnes fortunes à ses sœurs en beauté nommées Émilienne d’Alençon (1869-1945), la belle Otéro (1868-1965) ou Liane de Pougy (1869-1950), avant de se marier bourgeoisement et de s’occuper de la gestion de ses biens immobiliers.

Elle compte comme amants certains membres éminents de l’élite politique de la Belle Époque, dont Georges Clémenceau (1841-1929) avant qu’il n’accède à la présidence du Conseil, Pierre Waldeck-Rousseau (1846-1904) alors qu’il est déjà président du Conseil, Paul Deschanel (1855-1922) alors président de l’Assemblée nationale ou Gaston Doumergue (1863-1937) avant qu’il n’accède à l’Élysée, sans oublier des « grands patrons » comme Ernest Cognacq (1839-1928), fondateur des grands magasins de La Samaritaine.

Contrairement à ses rivales du « demi-monde », Marthe de Florian aurait été bien oubliée sans la réouverture de son « appartement à remonter le temps », devenu sujet de roman, et la dispersion de ses bien mobiliers : une publiciste américaine, Michelle Gable, publie « L’Appartement oublié », traduit pour les éditions des Falaises en 2015, rallumant ainsi l’adoration pour cette « idéale fée blonde » que tant de soupirants, illustres figurants de la « fête républicaine », étaient venus honorer au 2 square de la Bruyère, dans le quartier de Pigalle. Un petit épicier d’un village de l’Ardèche a hérité du reliquat de sa fortune passée par les dernières volontés de Solange Beaugiron qu’il venait livrer à domicile.

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