La Castiglione 1837 – 1899

Biographie de La Castiglione

La comtesse de Castiglione est célèbre pour avoir été la maîtresse de Napoléon III, et pour ses tenues audacieuses arborées lors de bals aux Tuileries. Mais l’œuvre véritable de la Castiglione, ce sont ses photographies.

Fille unique d’un marquis italien, mariée à 16 ans et mère à 18, la Contessa Virginia di Castiglione part en mission vers Paris quelques semaines après ses couches, pour plaider la cause de l’unité italienne auprès de Napoléon III. En un battement de cils, elle devient la maîtresse de l’Empereur et l’idole de la Cour.

En 1858, la liaison de la jeune Comtesse et de l’Empereur aboutit à la signature de l’alliance franco-sarde, qui permettra à Victor-Emmanuel de chasser l’Autriche et ses alliés de la péninsule pour unifier l’Italie à son profit.

Après sa rupture avec l’Empereur la même année, elle retourne en Italie, avant de se fixer définitivement en France en 1861. Ses talents d’ambassadrice ne seront cependant pas oubliés puisqu’en 1870, pendant la guerre franco-prussienne, Napoléon III vaincu lui demandera à son tour d’aller plaider la cause de la France auprès de Bismarck.

A Paris, sa beauté, son charme, son insolence et son intelligence acérée font sensation.

Séparée de son mari suite au scandale causé par le double adultère que constituait sa liaison impériale, elle se retrouve, à 20 ans, libérée des chaines conjugales. L’aura de son succès lui ouvre les portes des plus grands salons d’Europe et suscite l’intérêt des peintres ainsi que des photographes.

Pierre-Louis Pierson en particulier, le photographe de la Cour, entame avec elle une collaboration qui va durer près de … quarante années. C’est là que prend naissance le pan artistique de la vie de cette femme.

De 1856 jusqu’en 1895, soit cinq ans avant sa mort, la Castiglione va réaliser avec l’aide de Pierson près de 500 photographies d’elle-même.

Au-delà du narcissisme exacerbé, on peut parler véritablement de démarche artistique dans la mesure où c’est elle, et non le photographe, qui fixe chaque aspect du cliché à venir : la tenue, le geste, l’expression, l’angle de prise de vue, le titre, et jusqu’à la forme finale – portrait, carte de visite ou agrandissement peint.

A la chute du Second Empire, la Comtesse ne se retrouve plus dans la IIIème République naissante et s’isole. Vieillie prématurément, neurasthénique, elle met en scène une dernière folie en s’effaçant du monde : les miroirs de ses appartements sont voilés, et elle ne sort plus qu’à la nuit tombée pour éviter les regards des passants. Et pourtant, elle continue de se faire photographier.

Les séances avec Pierson persistent, malgré la perte de ses dents et de ses cheveux. La Castiglione exhibe sa déchéance et la théâtralise. A travers des robes toujours plus extravagantes, des rôles toujours plus grandioses, elle joue à se faire autre, tout en ne cessant de marteler l’image obsédante de sa beauté défunte.

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