Cora Pearl 1835 – 1886

Je n’ai jamais trompé personne, car je n’ai jamais été à personne.

Biographie de Cora Pearl

Cora Pearl est le pseudonyme d’Emma Elizabeth Crouch, née à Londres en 1835 et morte à Paris en 1886. Célèbre demi-mondaine, elle a séduit la plus haute aristocratie au cours de la période du Seconde Empire, notamment le prince Napoléon et le duc de Morny.

Le père, Fréderique Crouch abandonne sa famille en 1847, très certainement pour fuir ses créanciers, et part à New York pour exercer sa profession de musicien. La mère, Lydia Pearson décide d’envoyer Emma dans une école religieuse en France.

Emma est placée dans un pensionnat à Boulogne-sur-Mer pendant 2 ans pus dans une autre institution à Calais où elle reste 7 ans. Par la suite, Emma séjourne 2 ans chez sa grand-mère à Jersay, qui la place chez un modiste réputé à Londres. Dans cette maison, elle fait la connaissance du baron Oelsen et vit un an avec lui, avant de devenir maîtresse d’un propriétaire de cabaret londonien, Robert Bignell, de 10 ans son aîné. En mars 1858, Robert emmène Emma à Paris et lui fait connaître les hauts lieux touristiques. Après un séjour d’un mois, Robert veut rentrer en Angleterre, mais Emma décide de rester en France car elle a bien d’autres projets.

Emma choisit de devenir une femme galante. Elle aime les plaisirs charnels mais c’est avant tout, comme la plupart des demi-mondaines, le meilleur moyen de s’enrichir rapidement. Elle devient une femme entretenue au service d’un proxénète du nom de Roubise, qui lui procure de nombreuses relations. Elle prend l’habitude de tenir un registre de ses clients avec leurs noms, des détails intimes de leur vie privée et même des commentaires parfois assez crus sur leurs performances. 6 ans après, Roubise meurt et Emma se retrouve libre. Elle s’installe dans un appartement avec une amie et prend le pseudonyme de Cora Pearl. Elle enchaîne plusieurs relations importantes.  Grâce aux générosités de Morny, Cora possède en 1864 le château de Beauséjour à Olivet, dans la Loire où elle organise des fêtes somptueuses et dépense des sommes astronomiques dans les travaux.

Les extravagances de Cora ne se comptent plus. Elle prend par exemple un bain de champagne ou elle fait teindre son caniche en bleu pour qu’il soit assorti à sa robe. Elle introduit également la mode de maquillage. La marchande d’amour Cora Pearl était particulièrement réputée pour avoir été innovante en matière d’esthétique, véritable découvreuse dans ce domaine. Elles aurait notamment révolutionné la manière de se maquiller en lançant la mode d’ombrer les yeux, cils et paupières ainsi que l’usage d’une nouvelle poudre de fond de teint qu’elle aurait créée elle-même en y ajoutant des substances nouvelles qui donnaient un effet particulier. C’est également elle qui lança la mode chez les femmes de se teindre les cheveux, apparaissant parfois en rousse, sa couleur naturelle qui lui valut l’appellation de Lune Rousse parfois en blonde, ce que tout le monde remarquait.

Les années 1865 à 1870 consacrent la période faste et l’apogée de Cora Pearl. Cora se produit au théâtre dans une production de 1867 d’Orphée aux Enfers de Jacques Offenbach. Elle joue le rôle de Cupidon et apparaît sur scène seulement vêtue de ses diamants. Chaque soir, un diamant tombe et roule, jamais elle ne le ramasse : c’est pourboire des machinistes. La guerre franco-allemande éclate en 1870. Elle transforme son hôtel en hôpital d’improvise infirmière. L’effondrement de l’Empire amorce le déclin de Cora Pearl. Elle finit par quitter Paris et rentre finalement en Angleterre. Cora réussit à revenir à Paris, après son exil forcé et reprend les activités, la prostitution. Elle ne retrouvera plus jamais sa position dans la haute société de luxe. Plus tard elle est atteinte d’un cancer à l’estomac. Elle meurt oubliée, au premier étage de son domicile parisien.

Cora Pearl

Mon indépendance fut toute ma fortune : je n’ai pas connu d’autre bonheur