Hygiène, beauté et maquillage sous le Seconde Empire

L’hygiène

Le savon

Le sapo viendrait d’un mélange de cendre de hêtre et suif de chèvre que les Gaulois employaient pour faire briller leurs cheveux. Les Égyptiens utilisaient du carbonate de sodium naturel appelé natron. Au Moyen-Age, le produit se solidifie, avec du suif, de l’huile et des cendres de plantes. Les savonneries de Marseille remontent au XVIIIe siècle. Entre-temps, l’huile d’olive a remplacé les graisses d’animales. Un édit paru sous Louis XIV fixe très précisément la teneur de ces huiles, qui doivent être pures. De couleur verte, le savon sera longtemps vendu coupé en pains de 20kg et plus tard seulement couvert d’un emballage.

En provenance de Damas ont été lancées des boules de savon parfumé à base de laurier. C’est également le cas du célèbre savon d’Alep, qui voit le jour dès le XVIe siècle. Il est composé de l’huile d’olive, d’huile de baies de laurier. Dès la Renaissance sont élaborés des savons parfumés désignés sous le nom de savonnettes. Les parfums se multiplient alors, allant de la cannelle au jasmin, de la rose à la violette, de la fleur d’oranger à la lavande. A la fin du XIXe siècle, les noms des savons fleurent bon leur époque comme « bouquet idéal », « le savon des muses » ou des « jolis bébés ».

La toilette sèche

Au Grand Siècle, les serviettes sont simplement frottées sur le corps, sans que ce dernier ait été mouillé, ou elles sont vinaigrées. La propreté est avant tout associée à la blancheur du linge : le chanvre est dédaigné pour le lin, dont le blanc peut être particulièrement éclatant. Si le corps n’est pas lavé, le linge doit être changé et impeccable.

De l’éponge au nid d’abeille

Les éponges sont naturelles : il faut aller les pêcher dans les mers chaudes à une certaine profondeur, sinon elles ne sont pas assez fines.

Au XIXe siècle, la révolution textile propose de nouveaux produits en coton accessibles à tous. Il en est ainsi du « nid d’abeilles », qui se veut plus absorbant. Les trousseaux étaient brodés aux initiales de leur propriétaire et offraient une qualité sans doute indépassable. L’invention du tissu-éponge, qui semble venir du Turquie, date du XXe siècle.

Boitiers à talc

Pour éviter les irritations de la peau, rien de tel que le talc.

Les soins de la bouche

Les préparations se trouvent sous différentes formes : poudres, élixirs, pâtes et même savons. Les composantes des poudres incluent toujours des éléments abrasifs (pierre ponce, os de seiche, corne de cerf, corail). Un cocktail agrémenté d’essence de rose, de cannelle ou de girofle, ainsi que de substances astringentes comme le camphre, le thym ou le romarin.

La beauté

Un corps lisse

La baronne Staffe conseille des compresses d’eau de feuilles et de racines de chélidoine. Au hammam, l’épilation se fait avec une boule de cire mélangée à du sucre et du citron que l’on tamponne sur le corps.

Pots de crème

La première crème en pot conditionné serait la Simon anglaise de 1860. « Le teint doit toujours être mêlé de roses et de lis », préconise en 1863 un parfumeur. Pour blanchir la peau, on va utiliser le blanc du plomb lequel sera interdit qu’en 1913.

Mascara

Le premier mascara signé Rimmel est lancé en 1860 par Eugène Rimmel, qui avait créé à Londres une société de produits de beauté.

Les ongles

« Trop pointus ou carrés, ils se déforment. On doit surtout leur éviter le contact du fer, et il est très nuisible de les racler avec un stylet ; pour les polir, il faut prendre une poudre qui, comme la poudre orientale, a pour base le henné, et les frotter avec un polissoir spécial », affirme le parfumeur Louis Claye dans son ouvrage en 1863.